mercredi 7 janvier 2004.
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 Paul Verlaine
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Devenu étudiant en droit, Verlaine fréquente les cafés littéraires avec les Parnassiens ( Banville, Hérédia, Coppée...), dont il admire et partage le sens de la rigueur et le
travail d’orfèvre sur la langue. Le poste administratif qu’il obtient en 1864 à l’Hôtel de Ville lui laisse de la disponibilité pour ses travaux poétiques. La jeune revue "L’Art " publie deux de ses poèmes
en 1865 ainsi que deux articles : sur Barbey d’Aurevilly et sur Baudelaire ; articles qui
dénotent une grande pénétration d’esprit et contribuent à la création d’une nouvelle sensibilité poétique.
En 1866, son premier recueil ," Poèmes Saturniens ", révèle déjà un ton très person
nel : à la rigueur parnassienne s’ajoute une musicalité subtile et une envoûtante
mélancolie.Verlaine est un être profondément déchiré : doux et sensible, il s’adonne
parfois à l’alcool et l’absinthe déclenche en lui des crises d’une rare violence.
En 1865, la mort de son père ainsi que celle d’une cousine très aimée vont accentuer
son drame personnel .
Peu après, la rencontre d’une jeune fille de 16 ans, Mathilde Mau
té, lui apporte l’espoir d’une stabilité...les poèmes de " La bonne Chanson " en sont le
témoignage. Ils paraissent en 1870, l’année de son mariage avec Mathilde.
Un an auparavant, il avait publié les " Fêtes Galantes ", recueil inspiré par les
tableaux de Watteau. Dans cet ouvrage s’affirme l’originalité de Verlaine ( un des poè
mes du recueil ," Clair de Lune ", sera mis en musique par Gabriel Fauré et Claude
Debussy .)
Le bonheur conjugal de Verlaine sera de courte durée : la guerre de 1870, l’enrôle
ment dans la garde nationale, vont le déstabiliser. De plus, ses sympathies pour la
Commune lui font perdre son emploi .
En 1871 il accueille Rimbaud, dont il a pressenti le génie, et le présente au groupe
des " Vilains Bonshommes ", où des Parnassiens convaincus côtoient des dissidents à
l’esprit gouailleur,comme Germain Nouveau qui va très vite sympathiser avec Rimbaud.
Verlaine, tiraillé entre sa soif de stabilité et son humeur vagabonde, part finalement
avec Rimbaud en Angleterre puis en Belgique : amitié féconde mais orageuse...les poè
mes de " Romances sans Paroles " - qui seront publiés en 1874 - portent à la perfecti
on l’art de Verlaine.
En 1873,Verlaine tire sur Rimbaud.C’est l’emprisonnement .Il
apprend alors que Mathilde, son épouse, a obtenu la séparation légale. Repentir et souf
france vont conduire Verlaine à retrouver peu à peu la foi de son enfance et à écrire les
poèmes si émouvants de " Sagesse " ( recueil qui paraîtra en 1881 ).
A sa sortie de prison, on le retrouve professeur en Angleterre puis en France.
En 1882, il revient vivre chez sa mère. Le voici de nouveau déchiré par ses tendan
ces contradictoires...La mort de sa mère en 1886 le plonge dans la détresse morale et
matérielle.
Cependant sa célébrité s’est progressivement accrue : plusieurs revues ( Le
Chat Noir, Lutèce, Le Décadent...)lui rendent hommage et sollicitent sa collaboration.
La publication des " Poètes Maudits " joue un rôle décisif dans l’élaboration du Sym
bolisme.
En 1886 le " Manifeste Littéraire " de Jean Moréas reconnaît Verlaine comme un
des maîtres de l’école nouvelle : son " Art Poétique ", paru dans " Jadis et Naguère "
en 1884, est revendiqué par les Symbolistes qui se retrouvent à ses " Mercredis ".
On
le sollicite pour conférences et articles...
Les recueils qu’il fait alors paraître reflètent ses
déchirements ( le titre " parallèle
ment " est significatif ).
Après de fréquents séjours à l’hôpital, il meurt en 1896 : une foule d’artistes et
d’admirateurs se presse pour rendre un dernier hommage à celui qui fut, en 1894,
sacré " Prince des Poètes ".