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La Marche de l’empereur en route vers les Oscars

 
La Marche de l’Empereur, conté par Morgan Freeman est maintenant distribué dans 1 900 salles aux Etats-Unis et son succès ne cesse de s’accroitre apportant une bouffée d’oxygène à la déprime du Box-office.
jeudi 11 août 2005.
 
La Marche de l’empereur, conté par Morgan Freeman,  est en route vers les Oscars. - 3.7 ko
La Marche de l’empereur, conté par Morgan Freeman, est en route vers les Oscars.

Coup de froid sur les salles obscures américaines. Les studios de cinéma hollywoodiens, habitués à remplir les salles climatisées à coups de films d’action à gros budget pendant l’été, ont encore été douchés. Profilés comme le succès de la saison, Furtif et The Island ont perdu 50% d’entrées dès la deuxième semaine d’exploitation.

En revanche, La Marche de l’empereur, documentaire français réalisé par Luc Jacquet, gravit les échelons du box-office avec une constance qui étonne des deux côtés de l’Atlantique. Ce microphénomène pourrait modifier, à l’avenir, la programmation et les investissements de Hollywood pour l’été.

Identifiée depuis des mois, la baisse de forme du box-office américain s’est confirmée en juillet malgré les superproductions à explosions. En 2004, le box-office du premier week-end d’août avait été dominé par Catwoman, La Mort dans la peau, Spider-Man 2 et le dernier film de M. Night Shyamalan, Le Village. Avec des recettes en conséquence : 114 millions de dollars réunis par les cinq premiers films entre le 31 juillet et le 1er août. Le cru 2005 est loin derrière. Le week-end dernier, le Top 10 du box-office a réuni 98 millions de dollars de recettes, incapable d’égaliser le score réalisé par moitié moins de films en 2004.

Dans cette morne saison, tout Hollywood assiste donc avec stupéfaction à la percée du documentaire animalier produit par Bonne Pioche, La Marche de l’empereur. Entré à la 28e place du box-office il y a sept semaines, le film, qui s’intéresse à la vie des manchots, a enregistré, le week-end dernier, le 6e meilleur chiffre d’affaires. Pour Yves Darondeau, producteur comblé du film, la clé de ce succès réside dans le côté atypique de l’oeuvre. « Il s’agit d’une histoire méconnue du public, qui veut découvrir quelque chose de nouveau. Le film surprend donc et emporte le spectateur », lassé des superproductions hollywoodiennes. Issu d’un choix de contre-programmation, le documentaire est « devenu le film événement, incontournable actuellement aux Etats-Unis ».

Sorti sur les écrans américains le 24 juin, entre Batman Begins et Ma sorcière bien-aimée, le Penguin movie affiche les meilleurs taux d’entrées par salle, semaine après semaine. Distribué d’abord sur quatre copies, le film avait attiré plus de spectateurs par salle que Batman, à l’affiche de 3 858 cinémas. Désormais distribué sur près de 1 900 copies par Warner Independent Pictures (WIP), qui avait acquis les droits dès janvier pendant le festival de cinéma de Sundance, La Marche de l’empereur rejoint Fahrenheit 9/11, Super Size Me et Le Peuple migrateur dans le cercle fermé des documentaires ayant dépassé la barre des 10 millions de dollars.

Le miracle de L’Empereur est une leçon pour Hollywood, qui table depuis longtemps sur les films d’action pour divertir les spectateurs estivaux. « Généralement, on compte sur un film qui marche tout l’été ou au moins en juillet », avouait ainsi Jeff Blake, coprésident de Sony Pictures Entertainment, à l’hebdomadaire Hollywood Reporter. Produits avec de gros moyens, « Furtif et The Island paraissaient être deux films d’action estivaux typiques, mais ils n’ont eu aucune résonance ».

Pour les observateurs, ces films ont échoué faute de vedettes. Ni Jamie Foxx (Ray, Furtif), ni Scarlett Johansson (Lost in Translation, The Island) ne sont en mesure d’égaler un tandem Steven Spielberg - Tom Cruise (La Guerre des mondes), du moins au box-office.

D’ailleurs, pour La Marche de l’empereur, conté par Morgan Freeman, « les Américains voulaient un narrateur populaire », indique Yves Darondeau. Fragilisé par la baisse de la fréquentation, Hollywood tend à se recroqueviller sur des valeurs sûres ou des icônes pour toucher un public établi. Et devient plus frileux en été.

Source : lefigaro.fr