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Yann Queffélec, Ma première femme

 
Yann Queffélec est Prix Goncourt 1985 avec Les Noces barbares. Il est aussi l’auteur aux Editions Fayard de Boris après l’amour, Moi et toi Les Affamés . Ma première femme est le plus autobiograhique et le plus boulerversant de ses livres.
jeudi 4 août 2005.
 
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Yann Queffélec, Ma première femme

Yann Queffélec a l’art de dire la tendresse râpeuse, l’amour à mort, la violence du désespoir dans une écriture à la fois tendue et souple comme un élastique. Avec Ma première femme, ses lecteurs auront sans doute le sentiment de pénétrer au coeur de ce théâtre d’ombres de l’enfance et de l’adolescence, terreau de sa littérature.

Marc, qui ressemble beaucoup à l’auteur, est un garçon élevé dans la religion catholique, plutôt doué, volontiers fanfaron, vrai sentimental planqué derrière le masque placide du déconneur. Il adore sa mère, pianiste ayant quitté les salles de concert pour s’occuper des enfants, et sa soeur aveugle, qui imagine les couleurs du monde. Avec son père, un bourgeois toujours en partance pour des missions lointaines, les rapports sont médiocres. Il est en fait le petit homme de la maison, celui qui fait rire ses femmes, qui joue volontiers les clowns pour ne pas voir, ne pas entendre, ne pas comprendre le drame qui se joue sous ses yeux. Il veut croire les mensonges maternels - ses soudaines disparitions chez une copine sont en réalité des séjours en clinique. Jusqu’au jour où sa mère meurt. Il va falloir passer le bac, devenir un homme, regarder la vie en face, écrire pour comprendre le noeud de l’angoisse qui n’en finit pas de l’étreindre.

Queffélec ne cherche pas le temps perdu, il le dissèque, l’approche avec l’humour déchirant, la violence de ses meilleurs livres. Ma première femme est le versant douloureux du Charme noir, son premier roman. Un pas vers la lumière.

Par Michèle Gazier, telerama.fr