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Francofolies de La Rochelle

 
La vingt et unième édition des Francofolies de La Rochelle débute mardi 12 juillet avec plus d’une centaine de groupes, chanteuses et chanteurs, attendus jusqu’au dimanche 17, sur sept scènes différentes : Tiken Jah Fakoli, Bernard Lavilliers, Calogero, Juliette Gréco, Vincent Delerm, Camille, Mickey 3D, Deportivo, Rokia Traoré, Arno, Louis Bertignac, Michel Delpech... Il y aura un grand absent pour la première fois depuis vingt ans, Jean-Louis Foulquier.
mardi 12 juillet 2005.
 
La vingt et unième édition des Francofolies de La Rochelle débute mardi 12 juillet. - 4.7 ko
La vingt et unième édition des Francofolies de La Rochelle débute mardi 12 juillet.

Le 17 juillet 2004, l’animateur de l’émission musicale "Pollen" sur France-Inter tirait sa révérence sur la scène du festival qu’il a créé en 1985. Lors de la soirée de clôture en son hommage, Foulquier adoube son dauphin, Didier Varrod, et confirme ce fidèle responsable de la programmation au poste de directeur artistique, pour sa double sensibilité : à la chanson française classique et aux formes plus contemporaines comme l’électronique - ­ le hip-hop étant du ressort d’Ambre Foulquier, fille de Jean-Louis Foulquier. Les détails de reprise du festival sont encore inconnus cet été-là.

Mais en décembre 2004, le fondateur des "Francos" vend, pour un montant non révélé, la société par actions simplifiée (SAS) Francofolies à Morgane Production (Le Monde du 30 décembre 2004).

Connue pour son goût pour les documentaires musicaux et chargée de l’enregistrement des concerts durant de nombreux événements et festivals, dont le Printemps de Bourges et les Francofolies, cette société, dirigée par Gérard Pont et Gérard Lacroix, est une holding de production audiovisuelle qui totalise 15 millions d’euros de chiffre d’affaires avec ses filiales : Arsenal Associés filme des concerts et produit des documentaires musicaux pour France 3 et Arte ; Belleville Production (dont Michel Field est actionnaire) produit des magazines, notamment pour les chaînes Paris Première et Pink TV ; Bleu iroise est spécialiste des documentaires sur la voile et la mer ; Tu vas voir (TVV) occupe le terrain du cinéma. Les Francofolies deviennent sa cinquième filiale.

Une nouvelle équipe artistique est formée autour de Gérard Pont. Joël Breton, qui dirigeait jusqu’alors Le 27, salle de spectacles de Rouillac (Charente), s’installe au poste de directeur général des Francofolies. Exit Didier Varrod. Ce dernier s’est vu notifier, le 20 novembre 2004, par un courriel de M. Foulquier, la fin d’une aventure de vingt ans.

Morgane Production se défend de toute intervention. "Nous avons racheté la société et Didier Varrod n’en faisait plus partie, explique M. Pont. Lui et Jean-Louis Foulquier se sont fâchés, c’est malheureux. Moi je n’ai pas de raison de me fâcher avec l’un ou l’autre." D’autant que M. Foulquier reste "consultant" pour l’édition 2005. "Je ne voulais pas me retrouver seul et il me fallait des conseils pour réussir le festival, précise M. Pont. Il m’a beaucoup aidé au début, mais maintenant, c’est moi le patron."

M. Varrod, s’estimant victime d’une "trahison", attaque aux prud’hommes en janvier. Et perd, le 10 juin, car il lui est impossible de prouver la réalité de son travail pour les Francofolies, à cause de son statut d’intermittent.

"UNE QUESTION D’INTÉGRITÉ"

"La décision des prud’hommes montre qu’on peut être licencié par un courriel et qu’une promesse d’embauche devant des milliers de personnes ne vaut rien, déplore M. Varrod. Mais je n’en resterai pas là, c’est une question d’intégrité." Si la revente de la SAS Francofolies était annoncée de longue date, l’éviction de M. Varrod, par ailleurs auteur de documentaires de grande audience pour la télévision (sur Renaud, sur Véronique Sanson), a secoué le monde de la chanson.

Le budget du festival reste stable, à 2,7 millions d’euros (dont 38 % de subventions publiques et 22 % de fonds privés), en baisse par rapport à 2004, mais il s’agissait d’une édition spéciale, la dernière de Jean-Louis Foulquier. Le taux de location des places est "excellent" selon M. Pont. La programmation, revendiquée par ce dernier, ne semble pas chamboulée : les artistes confirmés côtoient les révélations, et les stars des ondes disputent la scène aux défricheurs de nouveaux sons.

Par Benjamin Roure, lemonde.fr