Portail de la Poésie et de la Culture
 
 

Quand je t’aimais... Alfred de Musset

 
dimanche 3 juillet 2005.

Quand je t’aimais, pour toi j’aurais donné ma vie, Mais c’est toi, de t’aimer, toi qui m’ôtas l’envie. A tes pièges d’un jour on ne me prendra plus ; Tes ris sont maintenant et tes pleurs superflus. Ainsi, lorsqu’à l’enfant la vieille salle obscure Fait peur, il va tout nu décrocher quelque armure ; Il s’enferme, il revient tout palpitant d’effroi Dans sa chambre bien chaude et dans son lit bien froid. Et puis, lorsqu’au matin le jour vient à paraître, Il trouve son fantôme aux plis de sa fenêtre, Voit son arme inutile, il rit et, triomphant, S’écrie : "Oh ! que j’ai peur ! oh ! que je suis enfant !"

Extrait de Chansons à mettre en musique et fragments, Alfred de Musset