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« Khatag » de Claude Meurisset

 
« Khatag » de Claude Meurisset, avec des textes de Annie Richard est une offrande au Tibet et à ses amis. Le papier, qui constitue ici la base du travail de Claude Meurisset, a été rapporté du Haut Plateau. Il est le fruit de sa sève, il est sa terre.
lundi 4 juillet 2005.
 
« Khatag » de Claude Meurisset  est un  hommage au Pays des Neiges. - 4.3 ko
« Khatag » de Claude Meurisset est un hommage au Pays des Neiges.

Selon la tradition, il est fait d’écorces d’arbustes de montagne, teintées aux feuilles, aux essences végétales. Brun, il le doit au Cassius, le Henné le colore de rouge, le génévrier parfumé lui donne sa clarté subtile, alors que le noyer l’assombrit. L’Acacia apporte son ocre, le sapin et l’épicéa l’entraînent vers un bordeaux profond et généreux. Froissés, déchirés, collés, ces fragments de la précieuse forêt sont les témoins de la force naturelle du Pays des Neiges. La lumière s’accroche à ces lambeaux du sol tibétain, dessine les cartes d’un pays inconnu, révèle vallées et ravins, fait entrevoir des pics et des chaînes.

L’artiste entre en scène

De son pinceau chargé d’encre noire, d’encre de Chine, il marque les territoires, engendre les monstres, encercle les cavernes, capture dans un filet d’ombres l’illusion de la forme. Scénographie d’un supplice majeur, idéogrammes d’une prière muette. Puis des mots, français, viennent se mêler au drame, en dire les limites et les rites, l’imaginaire parfois. Une voix s’élève en contrepoint de ce que l’oeil perçoit. Elle ne répète rien, ne commente pas. Elle s’élève simplement comme un chant de vie, sachant que la vie elle-même est tissée de souffrance et de mort.

Claude Meurisset est peintre. Nourri de l’oeuvre de Soulage, qui lui prodigua le plus fort des encouragements, une véritable compréhension de sa démarche.

Annie Richard écrit, elle a publié, entre autres, « la bible du surréalisme », avec Gisèle Prassinos.

Depuis plusieurs années, ils parcourent ensemble un chemin de création et se rejoignent aujourd’hui sur la route du Tibet, portant à son peuple cette écharpe blanche, khatag, symbole de pureté et de paix, signe d’hommage et de respect.

Mais Claude Meurisset apporte aussi à cette offrande son action de militant des Droits de l’Homme, membre de la Ligue du même nom.

Rebelle depuis l’adolescence - à quinze ans, il claque la porte du collège où il se sent enfermé - il est allergique par nature à toute forme d’injustice. A vingt ans il se dresse à ses risques et périls contre la torture dont il est le témoin forcé en Algérie. Aujourd’hui, défait des crédulités mais non des convictions, il persiste à croire que la disparition programmée d’un peuple et de sa culture est une infâmie contre laquelle il existe un devoir de résistance.

L’Art et la parole sont donc ses seules armes pour tenter de redonner au vaste pays des Neiges l’espace qu’on lui arrache.

« Pays cerné d’une couronne de pics enneigés », ainsi commence un chant de longue vie très populaire au Tibet.

A bien regarder ce livre, le blanc y joue le premier rôle. Blanc de l’écharpe blanche, blanc de la neige non foulée, c’est aussi la couleur du Blanc Seigneur de la Compassion, Tchenrézi, dont les Tibétains disent qu’il est parmi nous en la personne du Quatorzième Dalaï Lama, Tenzin Gyatso.

Jean Paul Ribes, président du CSPT

Ce livre est publié par les éditions Eolienne, Claude Meurisset et Annie Richard au bénéfice du Comité de Soutien au Peuple Tibétain :

Khatag,
Jet d’encre,
Au mur, caverne, terrier, tanière,
Vague de SenS,
A l’assaut du Roc

Par Patrick Le Gac, eurasie.net