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Hollywood tenté par des adaptations de jeux vidéo

 
Longtemps marquées par l’incompréhension, voire le mépris, les relations entre Hollywood et le jeu vidéo sont en voie d’apaisement, pour des raisons d’intérêt économique bien compris.
mardi 28 juin 2005.
 
Les deux films de la série Tomb Raider (2001 et 2003) qui ont révélé Angelina Jolie ont trouvé leur public en salles. - 3.2 ko
Les deux films de la série Tomb Raider (2001 et 2003) qui ont révélé Angelina Jolie ont trouvé leur public en salles.

En 1982, le jeu vidéo tiré du film de Steven Spielberg E.T. avait été un échec commercial, et des millions de cartouches Atari avaient été mises au pilon, contribuant au déclin d’une société de jeux qui détenait alors 80 % du marché, se souvient Daniel Morris, le rédacteur en chef du mensuel américain PC Gamer. Plus de dix ans après, les aventures sur grand écran de Super Mario, héros d’un des jeux de console les plus populaires du monde, se sont soldées par un échec retentissant. Seuls Mortal Kombat (1995), avec Christophe Lambert, et les deux films de la série Tomb Raider (2001 et 2003), qui ont révélé Angelina Jolie, sont restés des exceptions en trouvant leur public en salles.

Longtemps marquées par l’incompréhension, voire le mépris, les relations entre le cinéma hollywoodien et le jeu vidéo sont en voie d’apaisement, pour des raisons d’intérêt économique bien compris. Un récent sondage de l’institut d’études de marché et d’opinion GMI, effectué auprès de treize mille consommateurs de treize pays, montre que l’attrait pour les jeux vidéo ne cesse de progresser et que le temps moyen passé à jouer devrait fortement augmenter dans les dix ans à venir.

Cette enquête conclut que les jeux vidéo (qui représentaient en octobre 2004, selon l’Entertainement Software Association, un marché de 25 milliards de dollars, 20 milliards d’euros) deviendront à terme le premier loisir mondial. Pour l’instant, le chiffre d’affaires du cinéma est encore largement supérieur, à 45 milliards de dollars (36 milliards d’euros).

La prise de conscience de cette évolution est suffisamment forte pour que de grands studios d’Hollywood et des concepteurs de jeux vidéo viennent d’annoncer plusieurs accords pour la réalisation de longs métrages à partir de jeux vidéo. Un film issu du jeu Doom est en production. Le très violent Hitman devrait être adapté au grand écran, tout comme Alice, digression des plus noires du roman de Lewis Caroll, sortie en 2001 sur PC. La 20th Century Fox et Universal discutent avec le groupe informatique Microsoft pour adapter Halo sur grand écran. Ce jeu avait généré 120 millions de dollars de recettes (99 millions d’euros) en deux jours seulement après sa sortie, une performance qu’aucun film n’a jamais réalisée, souligne M. Morris.

Pour Chris Marlowe, journaliste au quotidien Hollywood Reporter, "le bilan mitigé des relations cinéma-jeux vidéo ces vingt dernières années témoigne des balbutiements d’une alliance qui pourrait à terme bouleverser le paysage de l’industrie du spectacle. La première raison tient au fait que les nouveaux jeux, bénéficiant des derniers progrès technologiques, ont des scénarios de plus en plus profonds". Les deux industries convergent déjà dans la création d’effets spéciaux. "Hollywood est toujours à la recherche de nouvelles sources d’inspiration. Lorsqu’il existe une marque forte, il est tentant d’en faire un film", note Michael Gartenbeerg, consultant chez Jupiter Research.

Par Nicole Vulser (avec AFP), lemonde.fr