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Madagascar d’Eric Darnell et Tom McGrath

 
Madagascar d’Eric Darnell et Tom McGrath, les orfèvres de DreamWorks présente l’échappée belle d’un lion, d’un zèbre, d’un hippopotame et d’une girafe.
mercredi 22 juin 2005.
 
Madagascar d’Eric Darnell et Tom McGrath - 5.6 ko
Madagascar d’Eric Darnell et Tom McGrath

Alex, lion débonnaire adulé des bambins, bichonné par des bipèdes attentifs à ses moindres caprices, est le roi des cabotins, coulant des jours heureux au zoo de Central Park. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes animaliers si son ami Marty, zèbre titillé par le démon de l’aventure, ne s’avisait de bousculer leur paradis bétonné. Quand, à l’instar de peccamineux pingouins se dandinant dans Manhattan, Marty se fait la belle, son pote et d’autres proches (une girafe mâle et une miss hippopotame) le rejoignent dans le port de New York : la grande vadrouille des quatre quadrupèdes se poursuit, d’errances en haute mer en robinsonnades sur une île peuplée de Lémuriens très allumés.

Présenté en avant-première au festival international d’Annecy, Madagascar, d’Eric Darnell et Tom McGrath, a d’ores et déjà distancé les légions intergalactiques de George Lucas, reléguées en troisième place au box-office américain. Dotés des techniques les plus avancées de l’animation informatisée, les orfèvres de DreamWorks, prêchant le retour aux sources, se sont efforcés de retrouver, en trois dimensions, le « look » et le délire burlesque des cartoons d’antan. Un regain squash and stretch (« écrasement et étirement ») via logiciels, déjà revendiqué par l’entreprise rivale Pixar lors du lancement des Indestructibles. Mais si leurs pérégrinations dans la Grosse Pomme offrent pas mal d’attraits, les performances de nos quatre mousquetaires dans des contrées plus exotiques sont moins mirifiques, comparées aux gloires passées.

Le glamour de Miss Gloria ne vaut pas (loin s’en faut) les ballerines pachydermiques de Fantasia. Idem des fiestas à Madagascar, comparées aux mascarades musicales du Livre de la jungle. Et la boulimie léonine d’Alex n’oblitère pas la fringale des carnivores de l’équipée Folimage (la Prophétie des grenouilles) de plus récente mémoire.

Par Michel ROUDEVITCH, liberation.fr