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La folie « Star Wars » revient en Force

 
L’opus final de La Guerre des étoiles : La Revanche des Sith sort sur les écrans. Le monde entier pourra découvrir le sixième et dernier épisode de la plus longue saga de science-fiction du cinéma. Une fois encore, la déferlante Star Wars revient sur la planète Terre.
mercredi 18 mai 2005.
 
La Guerre des étoiles-épisode III : La Revanche des Sith lors de la première à Londres. - 4.3 ko
La Guerre des étoiles-épisode III : La Revanche des Sith lors de la première à Londres.

L’aventure continue... A partir du 18 mai, vos yeux seront tournés vers les étoiles. La guerre entre l’Alliance rebelle et l’Empire galactique reprend sur les écrans de cinéma. Vous aurez enfin les réponses aux questions que vous vous posez depuis 28 ans. Comment Anakin Skywalker est devenu le méchant Dark Vador ? Pourquoi le jeune Jedi est passé du « côté obscur de la Force » ? C’est l’évènement mondial du cinéma ce mercredi 18 mai. La Revanche des Sith, l’ultime volet de la saga mythique Star Wars (aux six épisodes) suscite une énorme attente, davantage encore que les autres, car il referme l’épopée intergalactique entamée en 1977 par George Lucas.

Malgré leur succès au box-office, les fans de la première heure ont été déçus par les deux derniers long-métrages, jugés trop fades et éloignés de l’esprit originel de la première trilogie. Mais si l’on en croit les commentaires des critiques qui ont pu le voir en avant-première au festival de Cannes, La Revanche des Sith tient ses promesses. La boucle est bouclée en 140 minutes remarquables de rythme, d’action intense et de rebondissements. Du point de vue graphique et des effets spéciaux, le maître Lucas s’est encore une fois dépassé. Comme dit le réalisateur, lui-même, c’est un peu comme un opéra, le premier acte installe l’action et les personnages, le deuxième, poursuit l’histoire et le dernier explose. La sortie de La Revanche des Sith clôt un cycle de près de 30 ans pour le réalisateur, scénariste, producteur qui, pour la première fois, dans l’œuvre de sa vie, s’est payé un luxe « hitchcokien ». Il fait une apparition dans le rôle d’un certain baron Papanoida.

Des bénéfices de 12,5 milliards de dollars

Près d’un mois avant sa sortie, de nombreux cinéphiles grimés en personnages de la série culte campaient déjà devant les cinémas de la côte Ouest aux Etats-Unis, pour réserver leurs places pour les avant-premières. A cinq heures de sa sortie, des centaines de fans faisaient la queue devant les grands cinémas de Paris, de Kuala Lumpur, de Los Angeles ou de New York. L’engouement des fans est tel aux Etats-Unis, que le cabinet conseil Challenger, Gray & Christmas estime que les salariés outre-atlantique pourraient sécher le bureau pour se ruer dans les salles obscures. Un congé maladie pour cause d’odyssée intergalactique évalué à 627 millions de dollars en perte de productivité pour les entreprises, selon ce cabinet.

L’aventure spatiale la plus populaire de tous les temps a également bouleversé l’industrie du cinéma à Hollywood, elle a inauguré l’ère des blockbusters (superproductions américaines), bien que George Lucas, à l’origine, un cinéaste expérimental, s’en défende. La réussite de ce conte de fée galactique a dépassé les espoirs de son créateur. Comme la force, le succès a son côté obscur. Les cinq premiers volets de la série culte ont déjà généré des recettes estimées à près de 12,5 milliards de dollars, dont une grande partie pour les seuls produits dérivés, que George Lucas a été le premier à développer. A l’époque du tournage du tout premier film, il renonce en effet à son salaire en échange des licences d’exploitation, en pariant avec flair sur l’explosion de la vente des produits dérivés quasi-inexistant alors.

Les aventures cinématographiques des gentils robots-droïdes, Chewbacca plein de poils et autres Startroppers en armure blanche sont une véritable locomotive pour les objets dérivés. Figurines, jeux vidéos, sabres lumineux, posters, romans et DVD se vendent comme des petits pains. En 28 ans, ils ont généré un chiffre d’affaires phénoménal : 9 milliards de dollars, et pour le dernier long-métrage, les professionnels tablent déjà sur un bénéfice de 1,5 milliard de dollars. Le fabricant de jouets Hasbro aurait payé 250 millions de dollars à Lucas pour créer une gamme de figurines inspirées de Star Wars et lui reverserait 20% du montant de ses ventes. Bon nombre de firmes ont également monnayé très cher le droit d’associer le film à leur marque. Star Wars est devenu une vraie marque dont le label a été vendu aux sociétés les plus diverses, le biscuitier Lu, Hollywood chewing-gum, Orange, Quick, La Française des Jeux, Casino, les chips Pringles, UPS. Outre le marketing et la production de films, l’empire du seigneur Lucas, c’est également les studios d’effets spéciaux (Industrial Light&Magic), les brevets exclusifs de son (standard THX) ou les jeux vidéos (LucasArt).

Star Wars captive également l’imagination des internautes. Véritables objet de culte dans le cyberespace, de nombreux sites (trop nombreux à lister) sont consacrés aux héros de la série. Tout ce que vous voulez savoir de cette saga mythique sans oser le demander ? Des techniques de combat au sabre laser jusqu’à l’architecture des vaisseaux de l’Empire en passant par les effets spéciaux ou la psychologie des personnages. Tout est sur le Net. Et si l’envie vous prend de ressembler au sombre Dark Vador ou au Jedi Obi-Wan Kenobi : vous pouvez commander en ligne leur garde-robe complète. Il faut compter 3 500 dollars pour une tenue complète du méchant de service. La Toile est également un bon vecteur pour entretenir le business et pour cultiver le contact direct avec le public. Les autographes des acteurs de la série et les objets de collection -une figurine fabriquée dans les années 80 vaut aujourd’hui près de 450 dollars- s’arrachent sur les sites d’enchères en ligne, sans parler des communautés virtuelles et des forums de discussions. Sur certains forums, on peut lire des messages d’amour désespérés à propos d’une idylle impossible avec la reine Padmé Amidala. On le voit, ils sont nombreux comme George Lucas à y croire.

Par Myriam Berber, rfi.fr