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Festival de Cannes : Des « pointures » du cinéma mondial

 
Le festival de Cannes (11-23 mai 2005) dessine chaque année la carte du paysage cinématographique mondial. Une fois de plus, l’Asie et l’Amérique latine confirment leur exceptionnelle vitalité. L’Afrique en revanche, sera quasiment absente, à l’exception du Burkinabé Pierre Yameogo et de la Marocaine Laila Marrakchi.
mercredi 11 mai 2005.

Politique des pointures ? Cette année, le festival de Cannes ouvre ses portes aux plus grands noms : les frères Dardenne, David Cronenberg, Hou Hsiao-hsien, Atom Egoyan, Gus Van Sant, Lars Von Trier, Wim Wenders. Plusieurs de ces aspirants à la palme d’Or ont déjà été récompensés, et le président du jury lui-même (Emir Kusturica) a reçu la plus haute récompense du festival en 1985 pour Papa est en voyage d’affaires.

Reste que, pour le public mondial, le véritable événement du festival sera américain : la projection, en avant-première mondiale, de la Guerre des étoiles III (Revenge of the Sith), dernier volet de la trilogie culte de George Lucas. Parmi les stars attendues sur les marches rouges : Sharon Stone, Val Kilmer, Ewan McGregor, Scarlett Johansson, Viggo Mortensen et... Bruce Willis.

Plus de 1 300 films en provenance de 85 pays différents ont été envoyés aux sélectionneurs, soit 16 % de plus que l’an dernier. Augmentation que Thierry Frémaux, le délégué général du festival, attribue au développement de la technologie numérique, qui rend les films plus légers à produire et... à envoyer : il se murmure en effet que certains films auraient été transmis via fichiers informatiques et Internet.

La leçon de cinéma de Sembène Ousmane

Dans la sélection officielle, compétition et section « Un certain regard » confondus, on remarque une importante présence asiatique, confirmation que l’Orient, extrême ou non, reste une pépinière de talents et un impressionnant creuset d’énergies cinématographiques. De même la Quinzaine des Réalisateurs, vitrine « off » du festival, offre-t-elle une large place aux Asiatiques : parmi les 21 films sélectionnés, deux films de Corée, deux du Japon, un de Singapour. L’Iran, en dépit de sa bonne tenue cinématographique, semble cette année s’accorder une pause : un film à « Un certain regard », un seul à la Quinzaine.

Quant à l’Afrique et au monde arabe, les diverses sections viennent confirmer un état de crise qui perdure depuis plus de dix ans... L’extraordinaire réception publique et critique du Moolaadé de Sembène Ousmane, l’an dernier, lui vaut de faire un deuxième tour de piste : pas de nouveau film cette année, mais « l’Aîné des Anciens » a été invité par les responsables du festival à donner sa leçon du cinéma (son « alter ego », responsable de la leçon d’acteur, sera... Catherine Deneuve).

Le Burkinabé Pierre Yameogo pour son film Delwendè (Lève toi et marche) et la Marocaine Laila Marrakchi (Marock) seront donc cette année les deux seuls Africains de Cannes, où leurs films ont été sélectionnés par la section « Un certain regard ». Nul film africain n’a été retenu en compétition officielle. Au programme de la Quinzaine figure bien Sisters in law, une comédie dramatique se déroulant au Cameroun, mais ce sont deux réalisatrices britanniques, Kim Longinotto et Florence Ayisi, qui l’ont tournée.

Par Elisabeth Lequere, rfi.fr