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Sin City de Robert Rodriguez à l’affiche de Cannes

 
"Sin City", le dernier long métrage de Robert Rodriguez, se présente d’emblée comme l’un des événements du 58e festival de Cannes, de par la personnalité du réalisateur et le style graphique particulier de l’oeuvre.
mardi 17 mai 2005.
 
Jessica Alba et Bruce Willis dans Sin City de Robert Rodriguez. - 4.6 ko
Jessica Alba et Bruce Willis dans Sin City de Robert Rodriguez.

Né en 1968 troisième d’une famille de 10 enfants, Robert Rodriguez est le prototype du cinéaste qui sait tout faire, poussé par la nécessité, réalisant, filmant et montant la plupart de ses films. Ce cinéaste américain installé au Texas où il dirige un studio, le bien nommé Troublemaker, est devenu célèbre dès son premier film, "El Mariachi" (1992). Tourné avec un budget ridiculement bas de 7.000 dollars, somme que Rodriguez a rassemblée en servant de cobaye pour un laboratoire, il sera salué dans plusieurs festivals à travers le monde et vaudra à l’auteur un contrat avec la Columbia. Il enchaînera avec plus ou moins de bonheur par la série des "Desperado", suite d’"El Mariachi" avec Antonio Banderas et Salma Hayek, et celle des "Spy Kids".

"Sin City", projeté mercredi en compétition, s’inspire d’une série de bandes dessinées créée en 1991 par Frank Miller. "Sin City" est une ville corrompue au-delà de toute mesure, où règne l’hyper-violence et où s’agitent divers bons et méchants hauts en couleur. L’ensemble est traité dans un style graphique très sombre, à grand coups d’aplats d’encre de chine. Miller n’était au départ pas très enthousiaste, échaudé par quelques expériences d’adaptation cinématographique malheureuses comme les suites du premier Robocop.

70 MILLIONS DE DOLLARS DE RECETTE AUX USA

Rodriguez réussira à le convaincre et à rassembler autour de lui un casting pour le moins impressionnant. Bruce Willis, qui joue un policier, aurait ainsi accepté le rôle à la seule vue d’une minute du film. Mickey Rourke joue un ex-boxeur vengeur, Elijah Wood (le Frodon du "Seigneur des Anneaux", de Peter Jackson) un assassin cannibale, Benicio del Toro un policier corrompu, Clive Owen un détective privé.

Le film se divise en trois volets, correspondant à trois tomes différents de la saga Sin City. Les personnages réels sont incrustés dans un décor noir et blanc où éclate de temps à autre une tâche de couleur, un parti pris esthétique qui semble respecter parfaitement l’oeuvre originale ainsi que son ambiance sombre, glauque et ultra-violente.

Pour aboutir à ce résultat, les comédiens ont quasiment tourné en permanence sur un fond vert, leurs silhouettes étant ensuite réintégrées dans un décor intégralement en 3D qui reprend celui de la BD elle-même. Le tournage s’est fait en couleur avec des caméras numériques, le noir et blanc de l’image étant obtenu ensuite en post-production.

Robert Rodriguez, proche de Quentin Tarantino, a invité ce dernier à venir tourner une scène lui-même. Rodriguez a tenu à ce que Frank Miller figure à l’affiche en tant que co-réalisateur, ce qu’a refusé la Directors Guild of America, une sorte de syndicat des réalisateurs. Moyennant quoi, Rodriguez a démissionné de ladite guilde.

Le budget de "Sin City" représente 40 millions de dollars mais, bien qu’interdit aux moins de 16 ans, le film a déjà réalisé dans les 70 millions de dollars au box office américain depuis sa sortie le 1er avril.

Le film est prévu en France sur les écrans le 6 juillet.

Source : reuters.fr