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Carlos Nunez rend hommage aux « classiques » du cinéma

 
Carlos Nunez, le virtuose de la cornemuse galicienne, sort un album en hommage aux grandes musiques de films, intitulé Cinéma do mar. Surprenant, mais réussi.
mardi 17 mai 2005.
 
Cinéma do mar de Carlos Nunez. - 3.2 ko
Cinéma do mar de Carlos Nunez.

De son enfance galicienne sur les bords de la Ria de Vigo, Carlos Nunez avoue avoir gardé la nostalgie des séances ciné en plein air, entre histoires de pirates, héroïnes glamour, musiques mythiques et cris des mouettes. Voilà qui explique son enthousiasme lorsque le réalisateur chilien Alejandro Amenabar lui propose, il y a un an, une collaboration à la bande originale du film Mar Adentro. Majoritairement instrumentale, la musique de Carlos est en elle-même un monde d’images qui mêle sonorités celtique, flamenco et classique et fait intervenir des musiciens aussi différents que Dulce Pontes, Jackson Browne, Ry Cooder, Dan ar Braz, Noa, des Tsiganes roumains ou le Catalan Jordi Savall.

« Il semble y avoir un lien naturel entre musique celtique et cinéma, assure Carlos Nunez. Les mélodies irlandaises ou écossaises sont légion dans le cinéma hollywoodien. Ma première expérience du genre a eu lieu avec les Chieftains pour L’île au trésor (avec Charlton Heston et Oliver Reed), en 1989. D’ailleurs, les sonneurs galiciens avaient l’habitude, dans les années 50 et 60, de reprendre certaines musiques de films dans leur répertoire ».

Sur les douze morceaux du disque, on croise des compositions originales d’Amenabar, d’autres signées Paddy Moloney, Sean O’Riada ou Seamus Egan, entrées dans le patrimoine traditionnel irlandais, mais aussi deux grandes musiques de films (Le parrain de Nino Rota et Mission d’Ennio Morricone). Et trois incontournables de la musique classique. « Le prélude à la suite pour violoncelle numéro 1, de Bach, a nécessité la fabrication d’une gaïta spéciale. Quant au Boléro de Ravel, il a représenté en Espagne, par sa sensualité, la première brèche dans le mur du puritanisme franquiste des années 50. Le concerto d’Aranjuez, enfin, a provoqué l’enthousiasme du public de la tournée américaine que je viens de faire avec les Chieftains : la plus belle mélodie pour cornemuse que j’ai entendue de ma vie, me disait-on souvent. Étonnant, quand on sait qu’il s’agit d’une pièce pour guitare flamenca... ».

Par Ronan GORGIARD, ouest-france.fr