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"A History of Violence" de David Cronenberg en lice pour la Palme d’Or

 
Retour très attendu de David Cronenberg qui vient défendre "A History of Violence" , en lice pour la Palme d’Or. Le réalisateur canadien avait déjà secoué la Croisette en 1996 avec "Crash", Prix Spécial du Jury.
mercredi 18 mai 2005.
 
L’équipe du film
L’équipe du film "A History of Violence" à Cannes.

C’était quand ?

Le lundi 16 mai à 22h45, en Compétition de la Sélection Officielle.

Qui était présent ?

Pour le plus grand plaisir des festivaliers, presque toute l’équipe du film était présente : le réalisateur David Cronenberg ainsi que les comédiens Viggo Mortensen, Maria Bello, Ashton Holmes et William Hurt.

Quel est l’enjeu ?

Au Festival de Cannes, la réputation de David Cronenberg le précède. En 1996, David Cronenberg remporte le Prix spécial du Jury avec Crash, qui choque profondément la Croisette. En 1999, il est le Président du Jury et attribue trois Prix contestés au Rosetta des frères Dardenne. Enfin, il divise en 2002 les festivaliers avec Spider, thriller intérieur hermétique. Un nouveau scandale à prévoir avec A history of violence ?

Quel est le sujet ?

A l’instar de Michael Haneke avec Caché, David Cronenberg veut en dire le moins possible sur son film pour préserver le plaisir du spectateur. Dans le dossier de presse, on peut effectivement lire la mention suivante : "Nous vous serions reconnaissants de ne rien réveler de l’intrigue ni du développement des personnages". Le point de départ de ce thriller est un braquage dans un restaurant, au cours duquel le propriétaire Tom Stall abat les deux malfrats. Ce dernier devient soudainement le héros de sa petite ville, et son histoire fait le tour des médias. Tandis que le calme reprend ses droits, un certain Carl Fogarty débarque avec ses hommes, convaincu d’avoir reconnu en Tom un ancien "acolyte". Celui-ci a beau nier, Fogarty continue de le harceler. Tom et les siens vont devoir se battre...

Que retenir ?

Le cri de colère d’un journaliste durant la première projection de presse parce qu’il voulait faire cesser les rires dans la salle. "Voulez-vous prendre ce film au sérieux ?!?", a-t-il hurlé en anglais. Cette réaction témoigne parfaitement de la double lecture que l’on peut tirer de A history of violence. Pendant qu’une partie du public restait muet d’horreur devant les décharges de violence ultra-réalistes, l’autre se régalait, à coup d’éclats de rire, de l’ironie insufflée à cette boucherie. Le film tire sa richesse de cette ambivalence ; il sera diversement apprécié, ou détesté, selon les sensibilités. Impossible d’en extraire un seul et unique avis définitif. Certains y voient une métaphore sur l’Amérique, d’autres un thriller hitchcockien, et les plus réfractaires un simple déballage de viscères répugnant. On imagine déjà les discussions passionnées qui vont animer le Jury ce week-end.

Quels sont ses atouts pour le palmarès ?

Indéniablement, A history of violence présente de solides arguments pour figurer en bonne place dans ce palmarès 2005. Personne n’ose lui décerner la Palme, faute d’avoir vu le nouveau Jim Jarmusch. En revanche, tout le monde s’accorde à lui réserver au moins le Grand Prix du Jury. Quelques voix s’élèvent également en la faveur de Viggo Mortensen pour le Prix d’Interprétation.

Par Joël Dumont, allocine.com