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Standing ovation pour "Star Wars" à Cannes.

 
Le Festival de Cannes a ovationné dimanche à "La revanche des Sith", dernier volet de Stat War en avant-première mondiale et présenté par George Lucas comme une parabole sur les menaces contre la démocratie, y compris aux Etats-Unis."
lundi 16 mai 2005.
 
Hayden Christensen ; Natalie Portman ; George Lucas ovationnés à Cannes. - 4.5 ko
Hayden Christensen ; Natalie Portman ; George Lucas ovationnés à Cannes.

Dimanche soir, la projection de gala a tourné au triomphe : deux ovations debout en début et en fin de film pour Lucas et ses acteurs, Hayden Christensen, Samuel Jackson et Natalie Portman (tête rasée pour son prochain film). "C’est génial. On dirait un opéra", a confié à l’AFP l’acteur Billy Zane ("Titanic") en sortant du film. "C’est un grand film", a sobrement commenté le cinéaste malien Souleymane Cissé, avant de préciser : "Un grand film commercial". Dans l’assistance, on notait la présence de l’actrice américaine Sharon Stone, tout en blondeur et décolleté, mais aussi de comédiens français : Alain Chabat, Pierre Richard, Clovis Cornillac... Le réalisateur et producteur américain a expliqué que sa saga visait, dès l’origine, à montrer comment "une démocratie devient une dictature" et a établi un "parallèle" avec le conflit actuel en Irak.

Le premier épisode de la "Guerre des Etoiles", sorti en 1977, a été écrit à une époque où "nous, les Américains, on ne considérait pas Saddam Hussein comme un ennemi, on lui offrait les armes de destruction massive. Il y a un parallèle incroyable entre la guerre au Vietnam et en Irak", a déclaré Lucas.

"Peut-être que le film pourra réveiller les gens aux Etats-Unis, notamment face aux menaces contre la démocratie", a-t-il ajouté.

Une des répliques lancées par Anakin Skywalker a d’ailleurs fait ciller les spectateurs. "Soit tu es avec moi, soit tu es mon ennemi", lance le futur Dark Vador à son maître, Obi-Wan Kenobi, rappelant la phrase prononcée par George Bush fin septembre 2001 à l’adresse de la communauté internationale : "Ou bien vous êtes avec nous, ou bien vous êtes avec les terroristes".

La première projection, hors compétition, de "La revanche des Sith", qui sortira mercredi dans plusieurs pays d’Europe et le lendemain dans le monde, avait eu lieu dimanche matin dans la salle principale du Palais des Festivals, dont les 2.400 places étaient occupées.

Des applaudissements nourris ont retenti quand Dark Vador (Darth Vader en version originale) est apparu pour la première fois, à la fin du film, sous l’apparence qui l’a rendu illustre : casque noir, voix métallique, respiration rauque.

L’"Episode III - La revanche des Sith" est le plus sombre de la deuxième trilogie, celle qu’il a tournée à partir de 1999 et qui, chronologiquement, précède les trois films originels, sortis entre 1977 et 1983.

Le scénario est centré sur le destin tragique d’Anakin Skywalker, Jedi surdoué qui bascule du "côté obscur" de la Force après s’être laissé submerger par sa haine et sa colère et rejoint les Sith, l’ordre rival des Jedi, pour devenir Dark Vador, incarnation du Mal absolu.

Cet ultime épisode, où l’action est omniprésente, est le premier à avoir été classé PG13 (fortement déconseillé aux moins de 13 ans) aux Etats-Unis.

Au box office, la Force devrait être avec l’épisode III : au total, la saga a généré 3,4 milliards de dollars de recettes, plus 9 milliards pour les produits dérivés.

Si la journée a été dominée par Star Wars, la compétition s’est poursuivie avec les projections d’"Une fois que tu es né, tu ne peux plus te cacher", où l’Italien Marco Tullio Giordana traite de l’immigration clandestine, et, surtout, de "Batalla en el cielo" ("Bataille dans le ciel"), du Mexicain Carlos Reygadas.

Un film âpre et chaotique dont les partis pris esthétiques radicaux et les scènes d’amour crues ont divisé les spectateurs.

Lundi, la compétition accueillera deux poids lourds, "Manderlay" de Lars von Trier et "A history of violence" de David Cronenberg.

Source : AFP