Portail de la Poésie et de la Culture
 
 

George Lucas avec Star Wars a révolutionné le cinéma

 
Il aura fallu près de trente ans ­ une génération ­ pour que George Lucas parachève la saga de la métamorphose d’Anakin Skywalker, le Jedi, ce chevalier passé au service du « Mal », côté obscur de la « Force ».
lundi 16 mai 2005.
 
Dark  Lucas a révolutionné le cinéma. - 5 ko
Dark Lucas a révolutionné le cinéma.

C’est-à-dire, dans le langage codé et archétypal de toutes les mythologies qu’il n’a fait que décliner sur grand écran, la saga de la défaite des forces du « Bien » devant celles du « Mal », avant que les premières ne triomphent dans un « happy end » rassurant. En contant sous la forme de l’« heroic fantasy » intergalactique une histoire mille fois contée, Lucas a avoué « être devenu exactement ce qu’[il] essayait de ne pas être », le maître d’un cinéma industriel de masse. Le véritable modèle de Dark Vador, on s’en doutait un peu, c’est le metteur en scène lui-même. Le succès phénoménal de la Guerre des étoiles a accompagné une nouvelle phase de l’hégémonie de l’empire hollywoodien sur le monde du cinéma. Il a inauguré l’ère des blockbusters, ces machines à déplacer les foules, fabriquées à coups de dizaines de millions de dollars, et qui ont entraîné l’édification des nouveaux temples des loisirs, les multiplexes.

Star Wars a révolutionné le cinéma. Non sur le fond ou la forme, car la saga n’aura jamais été au 7e art que ce que la BD est à la littérature. Mais sur les moyens technologiques conjurés par les sorciers des salles obscures : Lucas a bouleversé le son avec son standard THX, l’image avec les effets spéciaux produits par les ordinateurs d’Industrial Light & Magic, et le marketing, en faisant des produits dérivés et des jeux vidéo de Lucasarts l’extension inévitable du cinéma populaire de notre temps.

Pour certains, en cédant à la fascination et à l’ivresse des prouesses presque infinies de la « Force » technologique et commerciale, Lucas a vendu l’âme du cinéma. Pour d’autres, il restera comme un des pionniers qui auront propulsé le cinéma vers une autre galaxie.

Par Patrick Sabatier, liberation.fr