Portail de la Poésie et de la Culture
 
 

Atom Egoyan met à nu l’intimité du show-biz

 
Les dessous sordides du show-biz sont mis en lumière par le réalisateur canadien Atom Egoyan dans "Where the Truth Lies", thriller classique projeté vendredi en compétition au 58e Festival de Cannes.
samedi 14 mai 2005.
 
Atom Egoyan ; Kevin Bacon ; Colin Firth ; Rachel Blanchard. - 6.2 ko
Atom Egoyan ; Kevin Bacon ; Colin Firth ; Rachel Blanchard.

En 1959, Lanny Morris (Kevin Bacon, vu dans "Apollo 13", 1995 ou encore "Mystic River", 2003) et Vince Collins (Colin Firth, le peintre Vermeer de "La jeune fille à la perle", 2004) forment le duo de comiques le plus célèbre des Etats-Unis et par là passent pour fort sympathiques. Mais une jeune femme retrouvée morte dans leur suite aboutira à leur séparation et ternira cette image. En 1972, une jeune journaliste (Alison Lohman, vue dans "Big Fish", de Tim Burton, 2003) veut faire toute la lumière sur cette affaire demeurée un mystère. Treize ans auparavant, elle était apparue dans un téléthon qu’animaient Morris et Collins, en tant que petit fille miraculée de la poliomyélite.

Son enquête va peu à peu l’amener à plonger dans l’intimité sexuelle et affective très agitée des deux hommes. Manipulatrice, elle sera manipulée elle-même, mais finira par découvrir la vérité.

Le film offre une solide reconstitution de ce que pouvait être le milieu du spectacle aux Etats-Unis dans les années 50, et en particulier les liens qui s’y étaient tissés parfois avec la mafia.

Dans les scènes des années 70, Egoyan montre bien que ce monde-là est mort et enterré et que l’on peut peut-être corriger son épitaphe.

Les deux animateurs ont une vie sexuelle pour le moins débridée, arrosée de champagne et intoxiquée de pilules, et certaines séquences n’en cachent pas grand chose, au risque de froisser la censure.

Interrogé lors de la conférence de presse sur les risques de censure aux Etats-Unis, Egoyan a répondu qu’il n’y pensait jamais. "Il y aura sans doute des problèmes mais nous étions bien fermes sur nos intentions avec ce film", a-t-il ajouté. "Ça m’étonne qu’on se focalise sur le sexe plutôt que sur la violence. Il semble qu’on soit obsédé par le sexe, mais il est une partie essentielle de l’histoire."

Atom Egoyan est un habitué du festival qui a déjà accueilli en sélection officielle "Exotica" (1994), "De beaux lendemains" (1997), "Le voyage de Felicia" (1999) et "Ararat" (2002), où le réalisateur renouait avec ses souches arméniennes en traitant du génocide survenu durant la Premier Guerre mondiale.

"Where the Truth Lies" sortira en France le 30 novembre.

Source : Reuters