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Nordeste de Juan Solanas

 
Le Nordeste vu par Juan Solanas : Le tournage eut lieu essentiellement dans la province argentine de Formosa.
jeudi 12 mai 2005.
 
Nordeste  de Juan Solanas, présenté au Festival de Cannes 2005. - 5.8 ko
Nordeste de Juan Solanas, présenté au Festival de Cannes 2005.

Pour Juan Solanas, "le nord-est argentin est la région sans doute la plus pauvre de toute l’Argentine, c’est le monde des laissés-pour-compte. En même temps, c’est un endroit magnifique et culturellement très riche, où on parle trois ou quatre langues différentes, où la vitalité musicale est incroyable. Il y a aussi cette immensité, cet horizon à perte de vue qui est vraiment argentin."

Synopsis

A 43 ans, après avoir presque tout sacrifié au nom de ses ambitions professionnelles, Hélène décide de ne plus passer à coté de sa vie. Son désir de maternité l’entraîne aux confins de l’Argentine, à la recherche d’un enfant à adopter. Elle découvre alors le Nord Este, une région sauvage où la beauté la plus saisissante des paysages contraste violemment avec l’injustice sociale qui y règne. Au travers de cette quête, Hélène se confronte à une société en souffrance où les destins sont écrasés par le poids d’une misère telle qu’elle mène à toutes les corruptions, tous les trafics, tous les compromis. Au gré de ses rencontres, et des amitiés qu’elle va lier, Hélène devra sans cesse faire face à ses propres doutes, ses questionnements personnels. Plus qu’à une simple quête, c’est alors à un voyage initiatique que l’on assiste.

Anecdotes

Présenté à Cannes 2005

Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2005 dans la section Un Certain Regard.

Hommage à l’Argentine

A travers ce film, Juan Solanas souhaitait rendre hommage à son pays d’origine, l’Argentine. Le réalisateur s’explique : "Je voulais parler de l’Argentine, qui est tellement "riche" et tellement pauvre aussi, et où les gens sont si maltraités. Le thème de l’adoption est venu de là, car les pays où l’on peut acheter des enfants sont ceux de la plus grande misère. J’ai lu tout ce qu’on pouvait lire sur ces enfants, sur ceux qui viennent les chercher. Mais l’adoption n’est pas le sujet du film. C’est son point de départ, comme dans l’histoire d’Hélène."

Le choix de Carole Bouquet

Lors de sa première rencontre avec Carole Bouquet, Juan Solanas a senti que celle-ci était touchée par l’histoire. "J’ai appris ensuite qu’elle s’occupait de l’aide aux enfants maltraités, confie le cinéaste. Le film prenait aussi un sens fort pour elle à cause de cela, et cela m’a conforté dans mon choix, car j’avais besoin qu’elle soit très motivée, qu’elle se donne totalement et qu’elle m’accompagne, car je savais que le tournage serait dur. Il l’a été, et Carole a joué le jeu à cent pour cent."

Plus d’authenticité pour Carole Bouquet

Pour ce film, Carole Bouquet souhaitait jouer le moins possible, oublier coiffure et maquillage. Celle-ci se souvient : "Je parle très mal espagnol et j’ai préféré ne pas le cacher. J’aurais pu apprendre le texte de façon à ne pas avoir l’air d’avoir du mal à m’exprimer, mais j’ai préféré que Juan se serve de mes difficultés dans cette langue étrangère. Je lui ai demandé de ne pas faire trop de prises, pour que je reste dans cette maladresse avec l’espagnol, que je ne m’habitue pas au texte. Cela donne encore plus de vérité à mon personnage."

Un travail de chef op’

La formation de chef-opérateur de Juan Solanas lui a énormément servi sur ce film. Ce dernier souhaitait tourner Nordeste en cinémascope, "un peu comme le cinéma américain, c’est-à-dire le cinéma de toutes les Amériques" explique le réalisateur. Celui-ci poursuit : "J’ai fait un travail de repérages énorme, comme un photographe. Je voulais trouver les endroits qui serviraient le film, et connaître la lumière aux différents moments de la journée. J’ai aussi voulu que l’image soit belle pour montrer la relation constante, dans le Nordeste, entre la misère et la beauté."

Une musique made in Argentine

Pour la bande originale du film, Juan Solanas a intégré des thèmes du folklore argentin qu’il a dénichés à la radio locale, ainsi que deux passages musicaux de Dino Saluzzi, un joueur de bandonéon argentin, provenant de son album Cité de la musique. La seule musique écrite pour le film, c’est la chanson du générique final, La Comète rouge, qui a été composée par Eduardo Makaroff, un des Gotan Project, et qui est interprétée par Liliana Redo, une grande chanteuse argentine d’aujourd’hui.

Source : allocine.com