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Emir Kusturica ouvre le 58e Festival de Cannes

 
Le 58ème festival de cinéma de Cannes, qui accueillera le dernier opus de Star Wars et quelques-unes des plus belles signatures du cinéma mondial, a débuté mercredi soir sous la houlette du réalisateur Emir Kusturica, autoproclamé "El comandante" du 7ème art.
mercredi 11 mai 2005.
 
Emir Kusturica ,
Emir Kusturica ,"El comandante" du 7ème art.

Le festival le plus célèbre au monde a été ouvert par une actrice indienne, Aishwarya Rai, et un réalisateur américain, Alexander Payne, tel un symbole de la rencontre de tous les continents de la planète cinéma. Mais c’est la personnalité du président du jury Emir Kusturica qui a dominé la traditionnelle cérémonie d’ouverture du festival, qui s’achèvera le 22 mai. "Je suis devenu El comandante. Je suis très heureux et ce soir je m’appelle Monsieur le cinéma", a déclaré dans un français un peu rocailleux le réalisateur serbe qui fait partie du club très fermé des cinéastes partis deux fois de Cannes avec la Palme d’or (1985 et 1995).

Kusturica était entouré des huit autres membres du jury, dont l’acteur espagnol Javier Bardem, l’écrivain américain Toni Morrison et l’actrice mexicaine Salma Hayek, rayonnante dans une robe violette parsemée de passementerie.

Cannes a cependant refusé cette année de s’enfermer dans sa forteresse glamour, comme en témoignent les portraits de Florence Aubenas, Hussein Hanoun et Ingrid Betancourt, otages depuis des mois en Irak et en Colombie, qui surplombent cette année les traditionnelles marches du Palais des festivals.

C’est également un badge à l’effigie de Florence Aubenas et Hussein Hanoun qu’arborait au revers de son smoking Dominik Moll, réalisateur du film français "Lemming" qui a ouvert dès mercredi soir la compétition pour la Palme d’or.

Le réalisateur de 42 ans était entouré de ses acteurs — Charlotte Gainsbourg, Charlotte Rampling, André Dussollier, Laurent Lucas — qui incarnent deux couples dont le dîner bascule dans le bizarre à la suite de la découverte du cadavre d’un rongeur, un lemming, dans un évier bouché.

Le film est l’un des trois longs métrages français — avec "Peindre ou faire l’amour" d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu et "Caché" du réalisateur autrichien Michael Haneke — en lice pour la Palme d’or, pour laquelle concourrent au total 21 films.

Dominik Moll s’est dit "intimidé" par l’honneur d’ouvrir les festivités. On peut le comprendre : lui succéderont dès jeudi sur le tapis rouge Woody Allen, qui présente hors compétition "Match point", et dimanche le géant d’Hollywood George Lucas.

Le réalisateur et producteur américain présentera "La revanche des Sith", dernier volet de sa saga Star Wars qui a révolutionné l’industrie cinématographique.

Le paquebot "Queen Mary II" mouille dans la baie de Cannes pour accueillir le créateur de Dark Vador, mais la beauté du festival consiste aussi à accueillir de plus frêles esquifs cinématographiques.

Ainsi la critique s’anime cette année sur la Croisette autour du tout jeune cinéma mexicain, venu de nulle part, privé de moyens mais étourdissant d’inventivité. Le deuxième long métrage de Carlos Reygadas, 33 ans, "Batalla en el cielo", figure en compétition officielle tandis que son assistant Amat Escalante, 26 ans, présente jeudi "Sangre" dans la sélection "Un certain regard".

Mais les favoris de la course à la Palme d’or sont peut-être davantage à chercher dans le gotha de réalisateurs prestigieux de retour en force cette année en compétition. Parmi eux figurent l’Américain Gus Van Sant avec "Last Days", le Danois Lars von Trier ("Manderlay"), et le Canadien David Cronenberg avec "A history of violence". Le jury pourrait aussi bien se laisser séduire par Jim Jarmusch, Atom Egoyan, Amos Gitaï ou Wim Wenders.

Du cinéma de Hong Kong ("Election" de Johnnie To) au nouveau cinéma de Chine continentale ("Shangaï Dreams" de Wang Xiaoshuai), l’Asie affiche également ses prétentions avec cinq films en course.

Outre la compétition, Un certain regard et les sections parallèles (Quinzaine des Réalisateurs, Semaine internationale de la critique) permettront de dresser un panorama mondial des cinématographies.

Source : AFP