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Mahmoud Darwich : Telle la lettre Noun dans la sourate du Rahm

 

Telle la lettre Noun dans la sourate du Rahm

Dans l’oliveraie, à l’est des sources
Mon grand-père s’est replié sur son ombre abandonnée
Aucune herbe légendaire n’y a poussé
Et le nuage des lilas
Ne s’est pas répandu sur la scène

samedi 16 avril 2005.

La terre est vêtement brodé à l’aiguille du sumac dans son rêve brisé
Mon grand-père a bondi de son sommeil
Pour arracher les mauvaises herbes de sa vigne
Ensevelie sous la rue noire

Il m’a enseigné le Coran dans le jardin de myrte, à l’est du puits
D’Adam nous venons et d’Eve
Dans l’Eden de l’oubli
Grand-père ! Je suis le dernier des vivants dans le désert. Montons

Entourant son nom nu de gardiens
La mer et le désert ne connaissaient
Ni mon grand-père, ni ses fils
Debout désormais, autour du noun
Dans la sourate de Rahman
Dieu, sois témoin !

Quant à lui
Né de lui-même
Enterré en lui-même près du feu
Qu’il donne au griffon de qu’il faut de secret consumé
Pour illuminer le temple

(...)

Mahmoud Darwich, Extrait

Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?

Traduit de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar 127 pages

Titre original : Limâdhâ tarakta al-hisân wahîdan Editeur original : Riad El-Rayyes Books Ltd, 1995

Arles, Actes Sud, 1996