lundi 8 décembre 2003.
De retour au Japon, il s’installe près de Nagasaki et se met à enseigner ce
qu’il avait appris.
Pour lutter contre la maladie il emploie de puissants
remèdes.
Dans sa pratique de la lutte il utilise beaucoup sa force.
Mais
devant une maladie délicate ou trop forte, ses remèdes sont sans effets.
Contre un adversaire trop puissant, ses techniques restent inefficaces.
Un à un ses élèves l’abandonnent.
Shirobei, découragé, remet en question les
principes de sa méthode.
Pour y voir plus clair, il décide de se retirer
dans un petit temple et de s’imposer une méditation de cent jours.
Pendant ses heures de méditation il bute contre la même question, sans
pouvoir y répondre :
"Opposer la force à la force n’est pas une solution car la force est battue
par une force plus forte.
Alors, comment faire ?"
Or, un matin, dans le jardin du temple où il se promène, alors qu’il neige,
il reçoit enfin la réponse tant attendue après avoir entendu les craquements
d’une branche de cerisier qui cassa net sous le poids de la neige, il
aperçoit un saule au bord de la rivière.
Les branches souples du saule
ploient sous la neige jusqu’à ce qu’elles se libèrent de leur fardeau.
Elles
reprennent alors leur place, intactes.
Cette vision illumine Shirobei. Il redécouvre les grands principes du Tao.
Les sentences de Lao-Tseu lui reviennent en tête :
Qui se plie sera redressé
Qui s’incline restera entier
Rien n’est plus souple que l’eau
Mais pour vaincre le dur et le rigide
Rien ne la surpasse
La rigidité conduit à la mort
La souplesse conduit à la vie
Le médecin de Nagasaki réforme complètement son enseignement qui prend alors
le nom de Yoshinryu, l’école du cœur de saule, l’art de la souplesse, qu’il
apprendra à de nombreux élèves.
Extrait de :
Les Contes des Arts Martiaux
Albin Michel