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« Robots » de Chris Wedge

 
Plus le monde de l’animation en images de synthèse évolue, plus il nous offre de petits joyaux de technologie. Le dernier né, « Robots » de Chris Wedge (mercredi sur les écrans), nous entraîne dans un univers mécanique délirant où les personnages sont des robots confectionnés avec des boîtes de ferraille.
mercredi 6 avril 2005.
 
« Robots » de Chris Wedge - 4.5 ko
« Robots » de Chris Wedge

Et comme chez les humains, c’est bien connu, il y a les bons et les méchants Trois ans après « L’âge de glace », le réalisateur, Chris Wedge, nous fait découvrir cette fois le personnage de Rodney Copperbottom, un petit robot fort sympathique acheté en pièces détachées dans une superbe boîte et monté avec amour par ses parents, à l’aide de quelques tournevis.

Il s’avère rapidement que Rodney est un petit génie du bricolage et rêve d’une autre carrière que celle de son père qui a dû renoncer à devenir musicien pour nourrir sa famille. Il faut bien assurer les vidanges ! On le sait bien, aucun métier n’est ingrat, mais papa aurait aspiré à un autre métier que celui de lave-vaisselle dans un restaurant.

Quand Rodney, qui a des talents d’inventeur, veut aller tenter sa chance à Robot Ville, la carrosserie de sa mère est sans dessus dessous. Mais son père l’encourage à réaliser ses rêves. Le petit robot part donc à la grande ville, prêt à affronter tous les dangers pour rencontrer Bigweld, un gentil savant, tout en rondeurs, qui cherche à améliorer la vie des robots. Mais Rodney se heurte à un industriel diabolique, Ratchet, qui a écarté Bigweld du pouvoir et veut éliminer tous les robots rouillés de Robot Ville.

Rodney, qui rencontre la belle Cappy et se fait quelques copains comme Fender ( »aile de voiture » en anglais), un « rouillé », ne renonce pas pour autant à ses aspirations. Il joue les réparateurs pour tous les robots en quête de pièces détachées, et il cherche à retrouver Bigweld pour le convaincre de reprendre les rênes de Robot Ville. Mais il va retrouver sur son chemin le terrible Ratchet, épaulé par une mère tout autant assoiffée de pouvoir. David terrassera-t-il Goliath ?

Plus que pour l’histoire qui est finalement assez classique (la lutte du bien contre le mal), sans être toutefois dénuée d’humour, c’est surtout pour le visuel qu’il faut aller voir « Robots ». Car on en prend plein les yeux, du début à la fin. Les réalisateurs ont utilisé la technologie des studios Blue Sky, et notamment le logiciel de rendu CGI Studio, apparemment le plus rapide et le plus avancé du genre, qui permet de manipuler les environnements animés comme sur un plateau de cinéma éclairé par de vrais projecteurs. Ce qui donne des effets similaires à ceux d’un monde réel.

L’équipe d’animation a même visionné d’anciens films de James Stewart pour étudier sa démarche à grandes enjambées qui inspire celle de Rodney. Et si l’on est attentif aux détails (mais il est difficile de tout voir du premier coup d’oeil !), on pourra notamment se rendre compte que le personnage de Piper, la petite soeur de Fender, arbore des pommes de douche en guise de nattes.

Des acteurs prestigieux ont accepté de prêter leur voix à ces petits engins étonnants. Dans les versions américaines et françaises, Rodney est incarné respectivement par Ewan Mc Gregor et Vincent Cassel, Cappy par Halle Berry et Monica Bellucci, Fender par Robin Williams et Elie Semoun, Ratchet par Greg Kinnear et Edouard Baer, Bigweld par Mel Brooks et Jean Rochefort, Piper par Amanda Bynes et Virginie Efira. Avec des sons métalliques différents caractérisant chacun des personnages.

« J’ai voulu que les textures visuelles et sonores de ’Robots’ soient assez riches pour que vous puissiez croire que Robot Ville existe vraiment, que nous sommes allés y tourner un film », explique Chris Wedge. Ewan Mc Gregor a notamment beaucoup apprécié l’exercice, d’autant que le personnage qu’il interprétait lui a rappellé quelques souvenirs. « Rodney a la naïveté charmante d’un petit gars de la campagne et une passion qui le rendait très agréable à incarner. Son itinéraire m’a rappellé ma première visite à Londres, après que j’eus quitté mon Ecosse natale », raconte l’acteur.

On notera aussi quelques scènes particulièrement jubilatoires comme une parodie de « Chantons sous la pluie » qui devient « Singin’ in the Oil ». Et si le scénario, même s’il est truffé de gags, pêche dans l’ensemble par un certain manque d’originalité, ne boudons pas notre plaisir : une plongée d’une heure trente dans un monde de fantaisie. Petits et grands y trouveront leur compte.

AP, Pierre-Yves Roger, lenouvelobs.com