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Le Danemark célèbre le bicentenaire de la naissance du conteur Andersen

 
Le Danemark célèbre avec éclat samedi le bicentenaire de la naissance de Hans Christian Andersen, le célébrer conteur pour enfants, en présence d’un parterre de têtes couronnées et de célébrités.
samedi 2 avril 2005.

La famille royale danoise au grand complet, accompagnée de princes et princesses de pays d’Europe et de Thaïlande, participera à cet événement à Odense, la ville natale de ce fils de cordonnier déshérité et d’une blanchisseuse, devenu un écrivain mondialement connu, traduit dans plus d’une centaine de langues.

Quelque 200 "ambassadeurs d’H.C. Andersen", désignés à cette occasion, seront, pour nombre d’entre eux, de la fête comme l’acteur britannique Roger Moore, l’auteur chilien Isabel Allende, le chanteur américain Harry Belafonte, le musicien Jean-Michel Jarre ou encore l’athlète australienne Cathy Freeman.

Cet anniversaire s’achèvera en apothéose samedi soir au stade Parken à Copenhague, transformé en "un monde magique de conte de fées" pour 40.000 spectateurs qui assisteront à un grand show télévisé, "Once upon a time" ("Il était une fois"), retransmis par 15 pays dans le monde, avec en vedette Tina Turner, Jean-Michel Jarre et Olivia Newton-John.

Il marquera le lancement d’un festival Andersen qui se déroulera jusqu’au 6 décembre dans 43 pays, destiné "à avoir une connaissance meilleure et plus nuancée de cet homme exceptionnel, et qui sera l’occasion de dépasser l’image idéalisée et trop étriquée de ce conteur pour enfants de tous les âges" selon "la Fondation Andersen 2005", dotée d’un budget de 230 millions de couronnes (31 millions d’euros) à cet effet.

"Il y a réellement un besoin d’une véritable renaissance d’Andersen. Car deux siècles après sa naissance, il n’est toujours pas largement reconnu comme l’écrivain de classe mondiale qu’il était sans nul doute, un représentant important de la transition du romantisme au réalisme, comme ses contemporains bien connus Honoré de Balzac et Victor Hugo", assure Lars Seeberg, le secrétaire général de la Fondation.

Le romancier allemand Guenter Grass, prix Nobel de littérature 1999, qui a publié l’année dernière un album de dessins inspiré d’un recueil d’Andersen, avoue s’être "imprégné de son réalisme si particulier, mêlé de fantastique (...) et dont les récits, souvent dépourvus de fin heureuse, indiquent qu’il les destinait d’abord aux adultes".

Les Danois ont mis du temps à reconnaître le génie de leur compatriote, vénéré au début en Allemagne et dans le reste de l’Europe.

La reine Margrethe de Danemark reconnaissait récemment dans la presse que le génie d’Andersen dépasse largement le cadre trop étroit de son pays d’origine. "Il était exceptionnel (...) et les Danois ne le sont presque jamais", a-t-elle dit.

A l’occasion du bicentenaire, Andersen est partout. Son portrait est dans les vitrines des magasins, sur les gâteaux des boulangers, les glaces des confiseurs. Ses célèbres contes en livres, CD et DVD, sont en bonne place sur les rayons des libraires et des supermarchés ou illustrent tasses, chaussettes, tee-shirts ou pages à colorier.

Pour Elias Bredsdorff, un auteur danois de plusieurs essais à son sujet, "l’histoire de sa vie n’a pas été le conte bleu et rose auquel il aimait faire croire, et elle n’a pas été aussi tragique qu’il a parfois tenté de s’en convaincre. Mais c’est l’étrange et fascinante histoire d’un dissident social bizarre et remarquable, dont le langage véhiculaire s’est révélé plus universellement compréhensible que celui de tout autre écrivain".

Source : AFP, lefigaro.fr