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Le crâne de l’Homme de Pékin

 

De dessous ses sourcils bien saillants
Il nous jette des regards si éloignés dans le temps

Pour notre rencontre d’aujourd’hui
Il a parcouru sept cent mille ans
D’abord il a rampé, puis a marché, dressé,
Quelles peines n’a-t-il pas endurées ?

dimanche 2 janvier 2005.

Il a eu les plantes des pieds calleuses
Qui, peu à peu, se sont usées au fil du temps
En chemin, il a perdu ses tarses, métatarses et tibias
Son menton a disparu à l’usage
Pour finir, il ne reste que ce crâne

Avec une insistance inouïe, il a parcouru
Le chemin des sept cent mille ans
Pour avoir le droit de s’appeler Homme,
Sa branche soeur restant toujours anthropoïde

Ces deux regards préhistoriques
Qui, éternellement, scrutent devant eux
Un chemin, le chemin de l’infini...

Zhu Zengquan, chineseliterature.com.cn

Zhu Zengquan, né en 1939, à Wuxi, Jiangsu, fait partie de l’Armée populaire de Libération. Il est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.