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A l’heure où moi je m’éveillais

 
lundi 7 février 2005.

A l’heure où moi je m’éveillais
Toi comme une étoile filante tu filais
Tu t’en es allé dans ce paradis que tu mérites
Toi qui n’a sus que répandre amour et bonté
Dans un monde plein de cruauté

Tu t’en es allé sur la pointe des pieds
Ne voulant pas déranger
Surtout pas perturber
Il a fallus que ce soit un jour de repos
Que ton âme partirait si loin
De nous

Tu as espéré que cette vie devait s’arrêter
Avant qu’elle ne devienne plus ta vie
Mais celle des autres qui persisterait
A te soigner a prolonger
Une vie qui n’apporterait si peu de vie
Tant de soucis et de douleur
Pour rien

Tu espérais mourir en homme entier
Pas charcuté pas grabataire
Pas dépendant pas invalide
Tu avais déjà tant donné
Tu avais ce droit de te reposer

Tu nous as aimés et élevés
Tu nous as tant protégé
Et moi je suis encore déboussolé
Fragilisé sans toi je sais
Mais tu restes en moi gravé

Je sais bien qu’il y a longtemps
Que cette vie t’échappait
Et que cette vie n’était que désespérance
Souffrance douleur et lassitude
Mais pour protéger maman tu voulais survivre

Mais ton cœur a force de donner
A refusé de se lever
Et tu es mort
Ce samedi
Sans un cri
Tu t’es affaissé
Et tu es
Tombé
A jamais

Je t’aime papa mais tu le sais
Tu es en moi depuis toujours
Je veillerai sur maman
Repose toi moi je suis là

© morjane