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Assia Djebar entre à l’Académie Française

 
Assia Djebar, née en Algérie est entrée jeudi dans l’histoire en étant la première femme magrébine à siéger Immortelle parmi les immortels sous la Coupole.
vendredi 23 juin 2006.

Assia Djebar entre à l'Académie Française (JPEG)

Assia Djébar a évoqué dans son discours d’entrée l’attachement fusionnel à la langue française qu’elle ressent, "lieu de creusement de mon travail, espace de ma méditation ou de ma rêverie", "tempo de ma respiration au jour le jour". Ainsi que l’"immense plaie" infligée par le colonialisme aux peuples colonisés.

Comment ne pas oublier son histoire, ses racines. Assia Djebar, de son vrai nom Fatima Zohra Imalayen, est née à Cherchel et aurait pu avoir pour seul horizon, un mariage imposé, c’était sans compter sur son père instituteur.

Assia Djebar étudie et étudie avec talent en Algérie puis en France et devient la première femme algérienne admise à l’Ecole Normale Supérieure (Sèvres) en 1955. Déjà la première. Assia Djebar a pus aussi choisir son mari.

L’écriture sera l’outil Assia Djebar pour défendre la cause des femmes. Dans toute son œuvre, Assia Djebar parlera des femmes, de leurs conditions et les fera parler. « J’écris comme tant d’autres femmes écrivains algériennes avec un sentiment d’urgence, contre la régression et la misogynie »

A 20 ans Assia Djebar écrit « La Soif » (1957) bientôt suivi de « Les Impatients », puis des « Enfants du Nouveau Monde » (1961), sur fond de guerre,l’héroïne dans ce dernier roman milite pour le changement politique et les droits des femmes.

Les Alouettes naïves est son 4e roman, Assia Djebar revit ses souvenirs, ses rencontres avec tant d’amis sortant de prison, ses idées sur l’Algérie et son combat. Dans tous les romans qui vont suivre, Assia Djebar développera le thème d’une Algérie écartelée, écrasée sous le poids d’un monolinguisme, en proie à une violence aveugle. Car, dira-t-elle, « l’arabisation a été menée de telle façon que (je) n’aime plus l’arabe, langue d’hommes, de pouvoir, d’autorité ».

Assia Djebar a écrit également pour le théâtre et a réalisé plusieurs films. En 1974 alors qu’elle est de retour Alger comme professeur d’université, elle réalise "La Nouba des Femmes du Mont Chenoua", produit en arabe et en français par la télévision algérienne, qui obtient en 1979 le Prix de la Critique internationale à la Biennale de Venise.

Assia Djebar revient en France en 1980 et poursuit sa respiration en écrivant sans cesse pour la femme comme dansdans "Oran, langue morte" (1997) où Assia Djebar décrit la violence dans son pays et le sort des femmes prises dans l’étau intégriste.

Partageant son temps entre la France et les Etats-Unis Assia Djebar enseigne la littérature française aux Etats-Unis depuis 1997.

Assia Djebar a reçu en 2000, le Prix de la Paix à Francfort.

Juliette, poesie-amour.com