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Cheikha Rimitti, diva du Raï est morte

 
Cheikha Rimitti, est morte à 83 ans. La diva du raï chantait encore au Printemps de Bourges il y a peu et au Zénith samedi avec Khaled.
mardi 16 mai 2006.

Cheikha Rimitti, diva du Raï est morte (JPEG)

Cheikha Rimitti, la mamie du Raï est morte d’une crise cardiaque lundi à son domicile parisien. Elle était au Zénith avec Khaled et chantait encore de sa voix rocailleuse avec autant de succès.

Cheikha Rimitti ou Saâdia elle est restée la même une femme forte, avec un tempérament, une liberté extrême qu’elle a transmis dans ses chansons.

Née le 8 mai 1923 à Tessala dans l’Algérie encore coloniale, la précarité et la misère, que peuvent frapper une petite musulmane orpheline est son lot quotidien.

Cheikha Rimitti commence par animer des fêtes populaires et se produit sur de petites scènes dans l’Oranie, puis à Alger. Dans les années 1940, elle va suivre une troupe de musiciens ambulants et fait la connaissance de Cheikh Mohamed Ould Ennems, qui lui fait connaître le milieu artistique algérois et la fait enregistrer à Radio Alger En 1952, son premier disque est enregistré chez Pathé où on peut l’entendre chanter Charrak Gatta( Déchire, lacère). Une chanson torride qui suscitera la polémique et obtiendra de suite un grand succès. Ses chansons seront diffusées à la radio même si les thèmes abordés sont tabou ainsi que le fait d’être chanteuse.

A l’Indépendance de l’Algérie, Le raï n’étant pas politiquement correct, avec ses tabous abordés , ses paroles osées, le FLN n’apprécie guère et ses chansons ne seront plus diffusées. Cheikha Rimitti s’exile en France en 1970. Cheikha Rimitti participe a de nombreuses manifestations et c’est la grande soirée du raï au Festival de la Villette, en 1986, qui lui permettra de conquérir peu à peu le public.

Une carrière internationale va débuter et la Mamie du Raï va en devenir le porte parole (New York, Paris, Londres, Amsterdam, Stockholm, Genève, Montréal, Madrid, Milan, Berlin, Le Caire). Elle reçoit, entre-temps, le Grand Prix du Disque 2000 de l’Académie Charles-Cros. Cheikha Rimitti a sus marié les genres avec l’introduction des instruments modernes de musique (basse, batterie, clavier, cuivres), se juxtaposant aux instruments traditionnels (Bendir, tar, gasba et gallal)

Chanter était toute sa vie et Cheikha Rimitti devait se produire le 10 juillet prochain à Stockholm, le 11 juillet à Arles et à Grenoble.

Nul n’est prophète en son pays, Cheikha Rimitti n’y a pas connu la gloire qu’elle méritait mais ses chansons demeurent éternelles.

Laurence, poesie-amour.com