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Morrissey sensuel

 
Morrissey avec Ringleader of The Tormentors est de retour plus sensuel que jamais et entend consolider sa place au firmament du rock anglais.
lundi 10 avril 2006.

Morrissey Ringleader of The Tormentors. (JPEG)

Ringleader of The Tormentors, le huitième opus solo de Morrissey est produit par Tony Visconti ,enluminé avec brio par Ennio Morricone et soutenu par une iconographie ultra léchée, la voix de Morrissey atteint ici des sommets par la richesse de son timbre et de ses modulations.

L’opus débute par I Will See You in Far-Off Places. Sur fond de boucle orientale, une basse hypnotique nous transporte à Bagdad. L’occasion pour le chanteur de fustiger l’impérialisme américain en s’adressant à un de ces Irakiens anonymes pris entre le feu des marines et les bombes des terroristes.

Morrissey nous téléporte surtout en Italie, où son coeur s’est posé. Dans Dear God Please Help Me, Moz marche dans Rome, "des petits fûts explosifs entre (les) jambes" ; un homme le frôle, Dieu est appelé à l’aide, mais le désir s’échauffe, accompagné par des arrangements signés Ennio Morricone.

Sur le mode de la ballade, mais surtout au rythme de rock fringant, le "tortionnaire en chef" chante plus souvent les plaisirs de l’amour que sa cruauté. Morrissey est amoureux et content d’être arrivé vivant jusqu’à nous. Il le dit, il l’écrit et le chante à la façon d’un crooner italien. La romance est parfois décalée ("Je te donnerais mon cœur... si j’en avais un"), le propos frise parfois la mièvrerie (sur "To Me You A Work of Art" ou "I Want To See The Boy Happy", l’affectation sur "I’ll Never Be Anybody’s Hero Now" ou l’absurde ("Dear God Please Help Me").

Dans ce nouvel opus de Morrissey, on retrouve des mélodies, une instrumentation et un phrasé typiquement "morrissien", jouant d’un lyrisme qui ravira les fans et irritera ceux qui n’ont jamais pu se faire à sa préciosité.

Juliette, poesie-amour.com