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Le tourisme de demain selon Kuoni

 
Kuoni, leader suisse du voyage a décidé pour son centième anniversaire de lancer une étude sur le tourisme de demain.
mardi 28 mars 2006.

La Chine fera partie du tourisme de demain. (JPEG)

Ces super centres de vacances seront construits dans le bassin méditerranéen, dans les Emirats arabes unis, au Quatar, en Chine et au Brésil. Ce seront des lieux de villégiature où les touristes européens pourront descendre de l’avion et profiter immédiatement du soleil, ainsi que s’inscrire pour un traitement anti-âge organique ou un lifting à prix cassé. Kuoni a mandaté l’Institut Gottlieb Duttweiler pour diriger l’étude nommée « L’avenir du voyage de plaisir ». Le but est de montrer comment ses consommateurs européens voyageront dans 15 ans.

Désirs et évaluations

L’institut a interrogé des spécialistes du secteur touristique, des agents de voyage, des auteurs de science-fiction et des futurologues ainsi que des professionnels du marketing et du secteur des loisirs. Il a également sondé des agents de Kuoni pour déterminer les requêtes des consommateurs étant à la fois nouvelles et insolites. L’étude analyse les désirs et les évaluations des voyageurs, leurs motivations et se risque même à deviner qu’elle sera leur destination favorite en 2020. Les auteurs de l’étude prévoient que dans quinze ans, l’industrie d’Europe occidentale sera dirigée par une société plus âgée. Les gens auront moins de temps pour leurs loisirs et pourraient être contraints de travailler au-delà de l’âge de 65 ans.

Plus compliqué de voyager

Le déclin de la classe moyenne conduira à une polarisation de la demande avec offres de voyages bon marché d’une part et luxueux d’autre part. Les touristes en voudront plus pour leur argent que ce n’est le cas aujourd’hui.

Voyager deviendra plus compliqué en raison de la hausse des incertitudes politiques et des menaces terroristes. Passer ses vacances à l’étranger pourrait s’avérer être un supplice vu que les bouchons sur les routes pourraient devenir chroniques.

Bronzer sans la couche d’ozone

Les gens se demanderont à deux fois s’ils veulent se bronzer sur une place tropicale alors que le trou dans la couche d’ozone deviendra plus grand et qu’ils seront confrontés à des campagnes de santé publique du genre : « Le soleil ? Dites non ! » D’un autre côté, l’industrie touristique bénéficiera de connections à longue distance plus rapides et meilleur marché. De nouveaux services de recherche et de localisation permettront de marquer les voyageurs comme des colis et de les retrouver à n’importe quel moment.

Des hôtels sous l’eau

Une ingénierie extrêmement poussée pourraient préparer des voyages dans l’espace ou des hôtels sous-marins. Les zones menacées par des catastrophes naturelles dépendront davantage de technologies destinées à donner rapidement l’alarme, à traiter les eaux ou à contrôler la météo. L’étude indique qu’en principe, le tourisme restera un phénomène de masse, mais qu’il sera moins organisé étant donné que les gens préféreront des arrangements à la carte plutôt que des programmes prêts à l’emploi. La vie deviendra plus complexe et plus chaotique. Les futures touristes rechercheront donc des vacances offrant normalité et stabilité.

Nostalgie de son foyer

Etant donné que les Européens changeront plus fréquemment de travail et de domicile et qu’ils passeront davantage de temps avec des étrangers qu’avec leur propre famille, la nostalgie du foyer deviendra plus importante que l’envie de voir les horizons lointains. Les voyageurs de demain voudront donc être transférés dans des hôtels où tout est comme à la maison - et même mieux. Les lieux de villégiature seront des plaques-tournantes sociales favorisant les rencontres et les unions. Ce dernier aspect sera particulièrement important pour les seniors.

Des implants dans le cerveau ?

Les voyages liés à la santé continueront à représenter un marché en pleine croissance. Mais l’accent sera moins mis sur les traitements (bains, saunas, etc.) que sur des soins au niveau émotionnel et spirituel. Les Européens âgés ne disposant pas de hauts revenus continueront à aller dans des homes situés dans les pays à bas salaires, mais avec des services de santé standardisés. L’étude conclut qu’il ne sera pas encore possible, vers 2020, de mettre des implants dans le cerveau pour voyager en rêve, comme c’est le cas dans le film Total Recall. Pour les auteurs, cela reste de l’ordre du fantasme.

Synthèse de Laurence, d’après swissinfo